Chemin d’ermite entre ciel, terre, et inspiration …

Yourtes

Il était une fois une femme rêvant de liberté, qui décida de tout quitter pour vivre simplement sous une tente fabriquée de ses mains.

Sylvie Barbe est la première femme en France à avoir vécu dans une yourte. Défricheuse d’un mode de vie sobre et autonome elle nous parle dans ce film de son bonheur d’avoir réussi à incarner son rêve d’intégrité et de cohérence. Elle témoigne de son expérience et nous dévoile comment la yourte peut sauver du désespoir et restaurer la dignité.

On découvre comment on peut vivre dans une grande simplicité, en ne consommant que des énergies autonomes et renouvelables, dans un grand respect de la nature, sans coopération avec le consumérisme et en intégrant au quotidien la poésie dans sa vie. Elle nous parle de sa solitude, de son exigence, de sa rencontre avec elle même, de son droit à la colère.C’est ainsi qu’un chemin vers l’éveil s’est tracé.

Le livre de Sylvie Barbe, « Vivre un Yourte, un choix de liberté » est disponible sur http://yurtao.canalblog.com/archives/…

Vidéo disponible sur le site de Florence Matton : http://www.voix-contre-oreille.fr

Les difficultés réglementaires liées à l’habitat en yourte, par Sylvie Barbe

http://www.femininbio.com/agir-green/actualites-nouveautes/vivre-dans-yourte-pas-si-simple-69281

Règlementation yourte :

https://www.yourte.com/legislation-yourte-france

http://www.bati-journal.com/Accueil?news=65788483

Source: Les Brindherbes

 

 

C’est un tipi bleu

Il est arrivé comme ça, sans préparation, sans autorisation.

Heureusement qu’il y a encore des bébés qui viennent tout seuls, des bébés qui choisissent leurs parents, qui passent outre contraceptifs hormonaux, stérilets, programmations génétiques, planning familial.

Des bébés jaillissants, qui s’imposent et vous changent la vie.

C’est, depuis le temps que je me connais, toujours cette manière de concocter du nouveau en sachant sans savoir. Pas de décision, seulement une danse spontanée, un chant improvisé, des images réinventées et la lente partition de l’écoulement des jours heureux. Ça arrive au fil des mains, sans plans. Ce qui vient se pense soi-même, s’auto-génère, s’auto-produit, à l’abri des regards, des jugements, des nécessités, des profits, des projections.

Je n’ai pas fait un bébé de chair, j’ai fais un tipi bleu.

Ce qui ressemble au bébé, c’est surtout le début.

Le début d’un bébé, c’est un acte d’amour où on perd la tête pour quelqu’un qu’on incorpore, des instants de grâce hors du temps où des âmes éloignées se rapprochent et s’emmêlent. Pour un solitaire ou un artiste, l’amour et l’insémination ont lieu en esprit, dans la rencontre des inspirations et des émotions.

C’est ainsi que ce tipi qui a la couleur du beau temps, ne se contente pas d’abriter des ardeurs du soleil estival et des pluies. Il remplit une fonction chamanique. Il couve des bébés de rêve, des enfants intérieurs qui éclosent au sein des psychés indiennes.

A celles qui déchaussent leurs sandales et s’allongent sous le tipi bleu, un enfant sage aux cheveux d’argent apparaît la nuit, enfant mystique naissant sur l’onde intérieure comme le lotus sur le lac, serein, disponible, épanoui. La femme émerveillée qui tient cet enfant dans ses bras s’abandonne alors toute entière à cette maternité initiatique.

maternité cosmique

Il faut tendre l’oreille et savourer le silence avant d’entendre murmurer les esprits du tipi, car ils ne délivrent leur message qu’aux élus du grand rêve.

C’est un tipi bleu et il est magique.

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Un jour, j’ai réuni trois grandes perches de jeune pin que je ne savais où mettre pour ne pas encombrer, je les ai monté en trépied là où il y avait de la place et où ça n’en prendrait pas, au dessus du cercle de pierre où je cuisais mes galettes et ma soupe.

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Justement passait par là une jeune fille qui m’a aidée, on a lacé au sol les trois perches longues et lourdes et on les a monté en poussant.

Après, chaque fois que j’abattais un jeune pin que je ne pouvais laisser proliférer, je savais quoi en faire, pas le laisser traîner en vrac. D’abord je l’épluchais, je lui enlevais l’écorce à la plane pour empêcher les vers de le ronger. Puis je le rangeais sur le trépied, écarté, ce qui a commencé à délimiter une circonférence.

faisceau tipi yurtao

Si je n’y arrivais pas toute seule, j’attendais le prochain copain pour me donner la main. J’ai récupéré aussi de belles perches d’acacia lorsque j’ai dû éclaircir ma futaie. Dans le cercle, un espace s’est créé, avec les perches marquant une ligne invisible. Comme du coup on s’y tenait plus souvent, j’ai vu que le sol était vraiment pentu et j’ai donc ramené la terre du haut pour aplanir. Une estrade est née, avec une petite murette arrondie pour s’asseoir près du feu, et même y dormir. Finalement c’est devenu là où on s’allonge le mieux.

Là où on rêve le mieux.

C’est de là que, perdue dans la contemplation du cône formé par les perches,

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j’ai commencé à entendre parler mon tipi.

Quand il m’a demandé d’aller suspendre des drapeaux au bout de ses perches pour flotter dans le vent qu’il voulait comme amant, j’ai obtempéré avec fébrilité.

Il me restait bien quelques satins cramoisis et taffetas mordorés,

mais il voulait des couleurs franches et gaies,

deux drapeaux tipi bleu

des tissus vaporeux, brillants, souples et légers.

drapeaux tipi bleu yurtao

J’en ai trouvé pour pas cher au marché arabe,

au moins eux, ils n’ont pas peur des couleurs.

franges yurtao

J’ai négocié des tissus dont les fibres synthétiques résistent mieux que le coton aux intempéries, certains bardés de fils dorés et argentés, d’autres carrément phosphorescents.

Des trésors de miroirs pour le roi soleil.

Les drapeaux ne sont jamais pareils dans la lumière, ils tressaillent et se soulèvent à chaque brise, c’est un cinoche permanent entre les plis et les reflets, les entortillements et les claquements, et quand les fleurs s’y mettent, ça frise l’euphorie.

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Le vent les emberlificotent souvent autour des perches, le tissu s’effiloche et accroche le bois avant de se figer en position enroulée. Ça génère une activité susceptible de devenir un emploi d’avenir :

veilleuse de bannières. (code ANPE *0*0*0*)

L’art de faire flotter les drapeaux, comme d’autres jeux éoliens, est toujours susceptible de perfectionnement, en particulier les jours de vent, car pour maîtriser leurs voltiges aériennes, il faut savoir les dégager, les démêler et parfois les fouetter avec une vielle canne à pèche récupérée dépiautée de ses ferrures. Au début, je cousais des petites lanières en accroche. Après, j’ai cousu carrément des tubes de toile étanche à enfiler comme des chaussettes sur le bout de la perche, le haut du drapeau étant piqué dedans. Du coup, le tissu qui s’envole glisse sur le bois et le drapeau flotte plus longtemps.

drapeaux tipi yurtao

Encore une démonstration que quand on se met à créer sa propre vie, (ça commence souvent par la fabrication de sa tente et de ses piquets), ça ne s’arrête plus. On devient les pires syphonneurs du système, puisqu’au lieu de pointer au chômage et de faire semblant de chercher du travail, on devient parfaitement autonome en inventant ses occupations et ses satisfactions.

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Après, je me suis mise à la couture de bâche.

Je voulais juste couvrir mon feu.

J’ai fouillé mes toiles, des chutes de toutes dimensions tombées des grandes tables de couture de mes artisans de store attitrés. Le bleu n’était pas dominant mais justement je l’ai sélectionné. J’ai cousu une toile en patchwork en assemblant des bouts unis ou rayés, croisant toutes sortes de bleus, du cobalt à l’azur en passant par l’outremer, certains avec des bandes chromatiques, entre blanc et indigo.

Je savais que la toile d’un tipi, c’est un demi cercle qu’on referme. Mais mon tipi n’avait rien de classique, ni rond ni ovale ni carré, épousant seulement le terrain, je n’ai donc rien calculé. J’ai cousu au fur et à mesure, à l’intuition, une toile en porte-feuille. L’intuition, ça marche neuf fois sur dix, la dixième ratée n’impliquant rien d’autre qu’un nouvel essai et des ajustements.

En même temps, j’ai assemblé plein de minichutes

en prévision d’un allumage psychadélique du dedans.

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Je ne couds que quand il pleut,

quand je supporte mieux de rester enfermée.

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Il a plu pas mal cet hiver, alors le tipi a avancé.

J’en ai profité pour ciseler des soupiraux de cristal dans une percée de jaune,

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incrustation d’étoiles, de coeurs et de fleurs en lumière du jour,

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et j’ai cousu des bandes de franges multicolores

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pour border le bas de la toile .

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Pour monter le tout sur les perches,

j’ai fabriqué une échelle

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sur laquelle je ne me suis pas attardée, car malgré de bons sanglages,

c’était quand même assez périlleux.

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Mais quand je me suis assise pour la première fois sous le tipi bleu,

un flot de bonheur m’a saisi.

La lumière filtrée, tamisée, enrobait le cercle d’une douceur diaphane.

C’est là, dans le repos de l’âme repue, que j’ai vu danser des chamans pleins de plumes et de franges au milieu des tambours.

J’ai alors accroché à l’intérieur du tipi des mètres de guirlandes en tissus multicolores pour leur signaler une hospitalité sans réserve.

Des brides de toiles rugueuses à l’extérieur

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et des popelines et des nylons soyeux à l’intérieur.

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Parce que le tipi,

avec sa pointe qui darde vers les cieux,

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c’est comme la yourte,

c’est un microcosme où les dimensions matérielles

s’étirent loin dans l’invisible.

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A la frontière du solide,

les effets de lumière, de couleurs et de sons,

de quoi faire venir les chamans

élargissent l’espace en appelant la vision intérieure,

d’où s’égraine le grand collier de diamants qui relie le ciel et la terre.

J’ai accroché quelques lanternes à lumignons,

elle accroche des lumignons dans le tipi bleu

puis allumé mon premier feu couvert.

La fumée est montée vers le faisceau des perches pour s’échapper

par les oreilles grandes ouvertes du tipi,

les franges se sont mises à balancer,

le bleu à rayonner de reflets chauds,

et tout est devenu transparent et limpide.

Alors les chamans se sont installés.

chamans yurtao

C’est un tipi bleu, accroché à la colline, on y vient à pied,

ceux qui viennent là trouveront peut-être

les clefs du grand rêve.

jaune et bleu en tipi yurtao

C’est un tipi bleu,

un parloir à esprits,

djembé chamna yurtao

non répertorié dans le code de l’urbanisme,

aucun fonctionnaire n’en attestera la fin des travaux,

car ce tipi bleu, avec le vent pour amant,

il ne sera jamais fini, jamais cadastré.

Mais nul n’a besoin d’être achevé

pour être merveilleux.

tipi bleu sur l'herbe

Posté par barbesse à Commentaires [15] – Permalien [#]
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Mise à jour : Pour voir le tipi fini : http://yurtao.canalblog.com/archives/…

Catégorie Habitat

Une réponse à to “Vivre en Yourte – Un chemin de liberté”

  • Siteweb says:

    Appartement de charme, en duplex, avec vue imprenable sur les vignobles du village. Recemment renove, climatise, et entierement equipe. Au coeur d un village provencal anime. A 10 km des premieres plages. Chemin de randonnees au depart du village.

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LES COMMENTAIRES
  • Erica dans ACCUEILUn immense merci pour votre retour, Delphine !
  • Kochert dans L’ASSOCIATIONBonjours J ai été très sensibilisée lorsque je suis tombée par hasard sur un tableau de votre petite Iris ,je
  • CHRETIEN dans ACCUEILComment vous remercier pour cette idée magnifique ?! Car c'est grâce à des Êtres tels que vous, éveilleurs de conscience,
  • Laurence dans Michelle Brémaud – GuérisseuseBonsoir, l'adresse fb ne figure pas sur le site,est il possible de joindre tout de même Michelle Brémaud? Merci
  • gisele dans AUDE – LA FORET ENCHANTÉE DE NÉBIAS (m.à.j)tres joli site belle balade en famille mais revoir le balisage car on tourne en rond un momment
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