Patrick, devant sa yourte qu'il a mis environ un an à construire./ Photo DDM, Léa Collet
Patrick, devant sa yourte qu’il a mis environ un an à construire./ Photo DDM, Léa Collet

 

Dans un camion, dans une petite maison autoconstruite… ces Lotois ont choisi d’habiter différemment. Nous leur consacrons une série d’articles. Patrick ouvre le bal : voilà sept ans qu’il habite dans une yourte.

C’est avec ce premier logement qu’est la yourte, que commence notre série des hébergements insolites. En pleine nature, au bout d’un long chemin poussiéreux se dessine à la lisière de la forêt, une yourte. Ce n’est ni une location, ni un hébergement provisoire mais bel et bien l’habitation de Patrick, qui y habite tout au long de l’année, été comme hiver, depuis maintenant sept ans. «Ma yourte, c’est ma maison, je peux l’emporter partout avec moi quand je dois ou veux bouger», explique cet ancien régisseur.

Originaire de Saint-Etienne, il y a passé toute sa vie avant de quitter la ville pour venir s’installer dans le Lot. «J’étais arrivé à un point où habiter en ville ne me plaisait plus, j’avais besoin de liberté, d’aventure et un jour j’ai visité une yourte et j’ai eu ce déclic, c’était ce que je voulais avoir», complète-t-il, «le fait d’avoir voyagé, au Maroc par exemple, où j’ai vu des personnes vivre au jour le jour avec peu m’a sûrement influencé dans mon choix de vie». Avec sa formation en charpenterie il commence, seul, dans un atelier, à construire la charpente de sa yourte de 40 m². La construction avance au fil des mois jusqu’à donner lieu à une yourte totalement autonome. «J’ai l’électricité grâce à des panneaux solaires dans mon jardin et je récupère l’eau de pluie pour la douche et la vaisselle. L’eau potable je vais la chercher directement à la source que met à disposition la mairie», confie l’homme de 60 ans. Mais pour lui il n’y a aucunes contraintes ni inconvénients car ce mode d’habitation, il l’a choisi. «Vivre comme je vis est à la portée de tout le monde, il faut seulement vouloir être en osmose avec l’habitation et avec l’environnement autour», explique-t-il, «tout est expérience quand on se lance dans ce genre d’aventure, on apprend, on partage, on s’organise pour couper du bois pour le poêle en hiver, pour aller chercher l’eau et ces petites tâches que certains peuvent définir comme contraintes n’en sont pas du tout pour moi».

Après des années passées dans cette yourte il n’a aucun doute sur son futur. «Je sais que je ne retournerai pas en appartement ou en maison car j’aime ce mode de vie nomade et que je l’ai intégré», confie-t-il.

 

Une mauvaise image de ces hébergements atypiques

Maintenant sans emploi, Patrick a déjà travaillé tout en habitant dans une yourte et connaît les a priori de certaines personnes. «Habiter dans une yourte n’est pas synonyme d’ermitage. Au contraire, on s’ouvre aux autres, on accueille ceux qui veulent rester une nuit dans la yourte. On partage notre expérience et c’est ce qui fait ma richesse aussi. Ma yourte est ouverte, ce n’est qu’une habitation et c’est pour cela que je n’aime pas dire que je vis dans une yourte, non j’y habite c’est tout. Ma vie est à l’extérieur de cette yourte, avec mes amis, ma famille et ma copine», explique Patrick, avec conviction, «habiter en yourte ne définit pas une personne».

 

Source : http://www.ladepeche.fr/article/2017/08/14/2627641-ma-yourte-c-est-ma-maison.html#xtor=EPR-1

Catégorie Habitat

 

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