La terre végétale désigne l’épiderme de la Terre, l’un des trois milieux de la sphère terrestre où vit le vivant, cette fine couche superficielle de la planète où poussent les plantes et les arbres.

Terre végétale par opposition à terre minérale, là où rien ne pousse.

Et il suffit de s’essayer à la culture sur un sol minéral pour se rendre à l’évidence : avec de l’eau et de la chaleur, les graines germent, et les cotylédons s’ouvrent en attendant que la tige souterraine trouve la terre végétale. Et jusqu’à un certain point, la plante pousse sur les réserves nutritives de sa graine, mais  sans, le point final est vite atteint. À moins de nourrir la plante avec la chimie, mais ça, c’est une autre histoire !

 

Alors cette terre dont la plante a besoin pour se nourrir, est-elle végétale ou animale ?

 

VÉGÉTALE

D’un point de vue commercial, une terre végétale est en France, depuis l’arrêté du 05/09/2003, norme NF U 44-551, « une terre issue d’horizons de surface humifères ou d’horizons profonds pouvant être mélangée avec des matières organiques d’origine végétale, des amendements organiques et/ou des matières minérales. » Mélangée avec des matières minérales pour faire du volume pour pas cher… 🙂

Cette norme a été édifiée dans le cadre des supports de culture, autrement dit quand le sol est réduit à un support comme un autre, un excellent support pour assoir l’industrie agricole de l’agro-alimentaire. Mais d’un point de vue agronomique, difficile de définir exactement ce qu’est la terre végétale et là où elle se termine, là où commence la terre minérale. Certains y voient la seule couche supérieure d’un sol, l’humus, d’autres un horizon plus important…

Bref, toutes ces opinions ont tout de même un dénominateur commun : la décomposition. Autrement dit, la terre végétale est née de la décomposition des végétaux, raison pour laquelle elle serait finalement désignée comme végétale. Et même si beaucoup d’agronomes persistent à signer que ce sont les plantes qui fabriquent les sols, il n’en est rien, elles sont seulement la matière première utilisée par ceux qui la fabriquent. La même matière première, qui, non digérée, donne du pétrole.

 

ANIMALE

Mais reconnaître que le sol est le produit d’une digestion, sous-entendrait que nos sols nourriciers sont fabriqués par des intestins d’animaux ! Et que les plantes n’en sont que le fourrage, d’où le concept de terre animale.

Une révolution intellectuelle qui réduirait à néant, tel un tsunami, tous les intérêts commerciaux et scientifiques, obligeant à mettre au pilon et ré-écrire tous les manuels d’agronomie, obligeant les ingénieurs et docteurs ès sciences agricoles à se confesser : « On a merdé, le sein terrestre est fait de cacas et de pipis ! »

 

LA DÉCOMPOSITION

La décomposition est une transformation de la matière organique (l’ex matière vivante, biologique) par les animaux, les bactéries et les champignons. Quant à la matière minérale, seules quelques bactéries et composés chimiques peuvent la transformer, les animaux et les champignons en étant incapables.

Bref, quand un peintre utilise des couleurs, il les décompose et les transforme pour créer autre chose. Et sauf erreur de ma part, sa création ne porte pas le nom du fabricant de sa matière première. Pour les plantes, elles sont bien la matière première qui sert à créer un sol, mais elles ne sont pas l’artiste. L’artiste, celui qui tient le premier rôle, c’est le monde animal. Et le premier à avoir parlé d’une terre animale, c’est Charles Darwin.

Et autant sa Théorie de l’évolution des espèces a été validée par la communauté scientifique, autant sa seconde théorie sur une terre animale pourrait révolutionner notre modèle agricole.

 

TERRE ANIMALE

Quand monsieur Darwin publie son dernier livre en 1882, il écarte l’idée d’une terre animale du titre : Rôle des vers de terre dans la formation de la terre végétale. À savoir, quel rôle jouent-ils dans la mince couche supérieure du sol appelée humus ?

Et d’écrire à la page 3 de son livre : « Je fus amené à conclure que la terre végétale sur toute l’étendue d’un pays a passé bien des fois par le canal intestinal des vers et y passera bien des fois encore. Par suite, le terme de « terre animale » serait à certains égards plus juste que celui communément usité de « terre végétale » .

Et d’ajouter en suivant: « Les vers de terre ont joué, dans l’histoire du globe, un rôle plus important que ne le supposeraient au premier abord la plupart des personnes. »

Mais à l’époque, sa proposition n’a fait aucune émule, tuée dans l’œuf par les dépositaires de la bonne morale comme il le précise. Sauf qu’au même titre que celle qui l’a rendue célèbre, la science a depuis validé sa théorie, à savoir que les sols sont fabriqués en permanence par des intestins. Et par intestin, il faut entendre par la digestion et l’action combinée des animaux, des bactéries et des champignons du sol pour faire simple.

 

Un DIGESTEUR

Et dans cet écosystème intestinal, parce qu’il est fondamental de considérer qu’un sol vivant fonctionne comme un intestin inversé, comme un gigantesque digesteur où les racines des plantes aspirent leur nourriture à l’image de notre paroi intestinale, le ver de terre est la colonne vertébrale, le poumon, la tête pensante et le cœur du système.

Suite de cet article prochainement. En attendant, retrouvez plus d’informations dans : Des nouvelles agricoles et d’ailleurs ; et soutenez le projet : Sauver le ver de terre, l’un des premiers marqueurs de la biodiversité.

 

Source : http://www.lejardinvivant.fr/2018/03/09/terre-vegetale-animale/

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