Un professeur en biologie moléculaire : «C’est comme du sable qui enraye notre moteur»

Actu Santé – Interview de Gilles-Eric Séralini, professeur en biologie moléculaire, lanceur d’alerte

 

Un professeur en biologie moléculaire : «C'est comme du sable qui enraye notre moteur»
Un professeur en biologie moléculaire : «C’est comme du sable qui enraye notre moteur»

 

Vous qui étudiez depuis longtemps l’impact des produits chimiques sur nos organismes, cette étude ne vous étonne pas ?

Cela fait une trentaine d’années que je travaille sur les polluants que l’on trouve dans les aliments et pas seulement. Ces résidus sont pour la plupart issus de la pétrochimie, et ils sont très stables car issus des matières fossiles. Ces résidus s’accumulent donc dans nos graisses, nos tissus, nos cellules, et donc également dans les fœtus. Dans mon dernier livre, j’explique comment le raisin, par exemple, est le fruit le plus traité au monde. On trouve dans le vin des taux de résidus des dizaines de milliers de fois supérieurs à ce que l’on détecte dans l’eau du robinet ! À l’inverse, il existe aussi des pesticides biologiques, des hormones naturelles qui ont des propriétés répulsives contre les insectes. Mais ces «repellants» ( répulsifs) sont instables, et donc, ne s’accumulent pas dans nos organismes.

 

Que se passe-t-il dans nos organismes ?

Tout se joue dans la communication cellulaire. Ces pesticides chimiques sont des perturbateurs endocriniens et nerveux, donc ils vont induire des maladies chroniques en perturbant les relations des cellules entre elles. Pas seulement pour le cancer, où les cellules ne communiquent plus du tout et se développent de manière anarchique, mais aussi dans d’autres pathologies, comme Parkinson, Alzheimer ou même la dépression. Quand des rats sont soumis à l’action des pesticides, ils sont déprimés.

 

Cela touche quels organes ?

Les reins, le foie, le cerveau, les glandes sexuelles, les seins… Dans toutes les parties de notre organisme, les résidus agissent comme du sable collant dans un moteur. C’est cela qui altère les communications dans nos organes, et provoque les cancers et autres maladies, cela peut même favoriser les insuffisances cardiaques ou hépatiques. Pour les embryons, on constate des malformations. Il s’agit de tout un processus à bas bruit qui épuise notre organisme, même si nous réussissons à éliminer 99, 99 % de ces produits.

 

Gilles-Eric Séralini vient de publier avec Jérôme Douzelet« Le goût des pesticides dans le vin» aux éditions Acte Sud, où il fait état notamment d’une dégustation de pesticides par des spécialistes!

 

Source : https://www.ladepeche.fr/article/2018/02/21/2746670-professeur-biologie-moleculaire-est-comme-sable-enraye-moteur.html#xtor=EPR-1

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