Archive pour la catégorie ‘BURKINA FASO’

 

Dans certains cas, la marche arrière s’avère être le meilleur des choix. La preuve avec ces agriculteurs burkinabé qui renouent enfin avec le succès !

Pour booster leur activité, les producteurs de coton burkinabé ont eu une idée : en finir avec les semences OGM de Monsanto. Est-ce que ça a marché ? Oh que oui ! Non seulement la récolte est bonne mais, en plus, le produit est d’excellente qualité… et se vend bien plus cher ! Gros plan sur un retour en arrière heureux et salvateur.

Le mariage entre Monsanto et le Burkina Faso remonte à 2009. À l’époque, ce pays (qui compte parmi les plus pauvres de notre planète) avait mis tous ses espoirs dans un coton OGM aux promesses extraordinaires : moins de travail, davantage de rendements, plus de profits. En gros, Monsanto allait changer la vie du pays…

 

Crédit photo : Gilles Paire / Shutterstock.com
Crédit photo : Gilles Paire / Shutterstock.com

Seulement voilà, les producteurs ont très vite déchanté : le coton issu de ces semences n’était pas de bonne qualité et se revendait très mal. D’où le divorce récent entre la firme américaine et le Burkina.

Pour assister à la première récolte de coton sans OGM, les journalistes de France 2 se sont rendus sur place. Résultat ? Enthousiasmant ! Regardez plutôt…

 

 

Alors, « mauvaise utilisation du produit » (comme l’affirme Monsanto) ou produit décevant ? Chacun se fera son idée.

Quoi qu’il en soit, les agriculteurs burkinabé n’ont pas du tout l’air de regrette leur choix d’un retour aux semences traditionnelles. Inspireront-ils d’autres cultivateurs dans d’autres pays ? À suivre…

 

Source : http://positivr.fr/ogm-coton-monsanto-burkina-faso/

Catégorie Burkina Faso

 

Ses maisons sont ornées de motifs traditionnels

 

Tiébélé est une commune du sud du Burkina Faso, près de la frontière ghanéenne en Afrique. Ses 17 500 habitants font partie du pays Kasséna, une des ethnies qui se sont installées depuis longtemps sur ce territoire. Une seule route mène à ce village plein de charme aux maisons recouvertes de peintures murales aux divers motifs.

Les Kasséna sont célèbres au Burkina Faso par leur architecture traditionnelle. Celle-ci se compose de maisons rectangulaires ou rondes. Les jeunes hommes et les couples habitent dans les maisons rectangulaires. Les vieux couples et les enfants dans les rondes. Les toits servent aussi de terrasses sur lesquelles ils sèchent les céréales et y dorment lors de la saison sèche. Quand un garçon devient adulte, il se construit une maison rectangulaire. Quand une fille devient adulte, elle s’installe dans la concession de son mari. Les maisons rondes ont gardé leur caractère de forteresse car les Kasséna étaient autrefois souvent attaqués. Il y a un muret d’environ 50 cm avant d’entrer dans la chambre principale des maisons.

De magnifiques peintures murales recouvrent les façades des habitations. Elles sont réalisées par les femmes qui emploient de la couleur noire, obtenue en délayant un caillou noir broyé ainsi que de couleur blanche à partir d’un caillou blanc (silicate de magnésium). Le fond rouge est constitué de terre argileuse mélangée à de l’eau de cuisson de cosses de néré, un arbre qui se trouve dans les savanes soudanaises et guinéennes. Les motifs représentent des symboles de la vie quotidienne et la religion kasséna.

On y retrouve des dessins représentant des morceaux de calebasse, de grands fruits secs qui accompagnent la femme toute sa vie et a des fonctions religieuses. Également, des filets de pêche, car la pêche a sauvé les Kasséna d’une famine et a désormais un rôle éducatif pour les enfants, pour leur rappeler l’importance de cette profession. Des pattes de poules sont aussi dessinées sur les murs, la poule étant une des offrandes les plus importantes, ainsi que la tortue qui est le totem de la famille royale.

 

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« J’aimerais que les gens aient le courage de se développer à partir de leurs racines. »

 

 

A ses débuts en 1974, on le disait fou. Paysan burkinabé, Yacouba Sawadogo s’assignait alors pour mission de reverdir sa région en réintroduisant le Zaï, une méthode de culture traditionnelle oubliée. Objectif : restaurer l’agriculture sur une terre aride en proie à la désertification. 40 ans plus tard, la technique a fait flores et a été répliquée dans 8 pays du Sahel. Plus de 3 millions d’hectares de terres burkinabées stériles ont été réhabilités.

Yacouba-Sawadogo_Zaï

Yacouba Sawadogo

Il est des individus dont l’audace et la témérité forcent le respect. Tels des affronts au destin qui repoussent le brouillard de fatalité. Yacouba Sawadogo est l’un d’eux. Alors que dans les années 1970, les populations du Burkina Faso fuient l’avancée du désert et son cortège de terres stériles, ce paysan natif du village de Gourga n’a qu’un objectif en tête : reverdir la région. Autrement dit, réaliser l’impossible aux yeux de beaucoup. Résolu à faire pousser des semences sur un sol en proie à la sécheresse, l’homme va remettre au goût du jour une technique de culture traditionnelle.

Rendements quadruplés

Appelée Zaï, la méthode consiste à creuser des trous d’environ 20 centimètres pour y déposer fumier et compost à côté des graines. Après trois années passées à expérimenter diverses techniques, le trentenaire opiniâtre d’alors croit fermement aux promesses du Zaï. Il verra juste. Dès les premières pluies, le résultat est sans appel. Les rendements sont multipliés par deux, voire quatre. Yacouba réussit là où la machine de l’aide au développement peine depuis des décennies. Loin de s’enorgueillir de ce succès, il prend sa moto et part sillonner les routes du Burkina Faso pour initier les agriculteurs au Zaï.

Planter des arbres

Celui que l’on surnomme « l’homme qui a arrêté le désert » a eu avec Ali Ouédraogo l’ingéniosité d’améliorer la méthode ancestrale en plantant des arbres. Les végétaux permettent de maintenir l’humidité des sols et favorisent l’infiltration naturelle de l’eau. « Les gens pensaient que j’étais fou quand j’ai commencé à planter ces arbres », indique Yacouba Sawadogo, « ce n’est qu’aujourd’hui qu’ils se rendent compte de l’avantage de la forêt ».

Succès dans le Sahel

Tel Elzéard Bouffier de Jean Giono, l’homme aujourd’hui âgé de 66 ans, a ainsi planté 30 hectares de futaies. Un couvert végétal fait d’essences locales. Le Zaï a depuis franchi les frontières du Burkina et fait désormais école dans 8 pays du Sahel. A ce jour, la méthode ancestrale améliorée a permis de réhabiliter plus de 3 millions d’hectares de terres stériles au pays des hommes intègres.

L’amélioration des rendements a généré une hausse des revenus des agriculteurs, freiné l’exode rural et renforcé le niveau d’autosuffisance alimentaire. Soutenu par les experts internationaux, Yacouba Sawadogo formule aujourd’hui un souhait à nos confrères de Rue 89 : « J’aimerais que les gens aient le courage de se développer à partir de leurs racines. »

Nicolas Blain – @Nicolas_Blain

Source : http://www.courantpositif.fr/lhomme-qui-a-arrete-le-desert/

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Yacouba Sawadogo, paysan burkinabè. Image : http://therecycletimes.com

Modeste paysan burkinabè, Yacouba Sawadogo a réussi là où les organisations internationales ont failli : stopper l’avancée du désert dans l’un des pays les plus arides du monde, et transformer ainsi la vie de milliers de Sahéliens.

Changwon, Mantoe Phakathi/InfoSud-IPS

Au début, les voisins de Yacouba Sawadogo l’ont pris pour un fou. Comment planter des arbres allait sauver la terre craquelée de Gourga, village au nord-ouest du Burkina Faso, de l’avancée inexorable du désert ? Mais 30 ans plus tard, c’est bien une forêt d’une quinzaine d’hectares qui sert de rempart au sable rampant du Sahel. Depuis, les habitants qui avaient fui sont revenus cultiver leurs champs. Tandis que des experts du monde entier se bousculent à la porte du vieux paysan pour étudier sa méthode, qui consiste en l’amélioration d’une technique agricole traditionnelle appelée Zaï : retenir l’eau de pluie et utiliser les termites pour enrichir le sol.

Outre le président américain Obama et les médias internationaux qui lui consacré moult reportages, l’expérience atypique de Sawadogo a fasciné jusqu’au réalisateur Mark Dodd, qui a produit le film « L’homme qui a arrêté le désert », projeté fin octobre lors de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD) à Changwon en Corée du Sud.

Bande-annonce du film « L’homme qui a arrêté le désert » (en anglais)

Plantes médicinale vitales

Il faut dire qu’au début, Sawadogo cherchait simplement un moyen pour cultiver dans une région semi-aride où la terre était devenue si stérile que nombre de paysans avaient migré vers les villes. « Il n’y avait pas de nourriture à cause de la sécheresse et l’eau était très rare », se rappelle l’agriculteur. Sawadogo s’est alors rendu compte qu’il ne suffisait pas de creuser des trous ordinaires pour planter, mais qu’il fallait les agrandir tant en largeur qu’en profondeur, pour retenir l’eau de pluie pendant une plus longue période.

Il a aussi utilisé du compost pour renforcer la croissance des graines de sésame et des céréales –sorgho et millet– qu’il produisait. « Avec la méthode ancestrale, les eaux de pluie s’évaporaient trop vite et les cultures se fanaient en un temps record. Il me fallait pallier à ce problème », observe celui que beaucoup surnomment le professeur malgré son illettrisme.

Suivant cette logique, l’agriculteur s’est naturellement préoccupé de l’avancée du désert qui allait engloutir les terres cultivables de Gourga. Alors, inlassablement et faisant fi des moqueries, il a commencé à planter des arbres. Et de façon inespérée, cette pratique a non seulement sauvé la terre de la dégradation, mais elle a aussi restauré l’eau souterraine à des niveaux jamais atteints. Les arbres sélectionnés sont devenus une épaisse forêt qui fournit aujourd’hui, outre le bois de chauffe, une palette de plantes médicinales vitales dans ces contrées reculées.

Droit de propriété contesté

Aujourd’hui, Sawadogo distribue gratuitement des semences à planter aux agriculteurs de la région sahélienne qui s’étend de l’Atlantique à la Mer rouge. Et selon le facilitateur des Initiatives de reverdissement en Afrique pour le Centre de la coopération internationale, Chris Reij, « c’est bien un petit agriculteur qui a trouvé, seul, un système qui marche là où des organismes mondiaux ont échoué ». Yacouba a probablement ouvert une voie : la plantation d’arbres, ainsi que l’utilisation d’engrais sur les champs et les pâturages ont déjà été adoptées par de nombreux agriculteurs africains et ont contribué au reverdissement de plus de six millions d’hectares de terres à travers le continent.

Mais cet élan est encore freiné par les politiques mises en place dans différentes zones touchées par la sécheresse. Selon le spécialiste de l’environnement pour la gestion durable des terres au Fonds pour l’environnement mondial (FEM), Mohamed Bakarr, « le fait que les dirigeants de certains pays empêchent la population de posséder des arbres ou d’accéder à la propriété foncière font que les gens négligent ces ressources ». Une épée de Damoclès à laquelle n’échappe d’ailleurs pas Yacouba Sawadogo : au nom du développement, le gouvernement burkinabè est en train de s’approprier la terre et surtout la forêt qu’il a planté. Sa seule solution serait de racheter au moins ses arbres à son propre Etat, solution à 120’000 francs qu’il estime injuste. Et surtout inabordable.

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