Archive pour la catégorie ‘Pierre RABHI’

 

 

Paysan, écrivain, philosophe et poète, Pierre Rabhi est un des principaux penseurs de l’écologie en France. De nombreuses personnalités comme Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire ou la comédienne Marion Cotillard parlent de lui comme d’un mentor.

Sous ses airs tranquilles, l’auteur de Vers la sobriété heureuse (Actes Sud) et de La Puissance de la modération (Hozhoni) propose d’opérer une révolution : le retour à la terre ! Le magazine « 13h15 le samedi » (Facebook, Twitter, #13h15) est allé à sa rencontre…

Le portrait d’un humaniste

Sa silhouette frêle, sa chemise à carreaux, sa voix douce et ses bretelles font désormais partie du paysage, celui de la défense de la planète Terre et des hommes qui y vivent. Mais qu’a-t-il accompli pour être si écouté aujourd’hui ? Ce portrait signé Emmanuelle Chartoire, Patrice Brugère et Matthieu Houel retrace le parcours peu ordinaire d’un humaniste aux deux pieds bien ancrés dans la terre, aujourd’hui suivi par des disciples de plus en plus nombreux…

A lire également : Les semences, un patrimoine mondial en voie de disparition et Pour en finir avec la faim dans le monde, de Pierre Rabhi et Juliette Duquesne (Presses du Châtelet / Collection Carnets d’alerte).

 

Catégorie Pierre RABHI

 

 

Magnifique reportage sur le cheminement de ce poète, riche d’enseignements à partager ….

Pierre Rabhi est un agriculteur, un écrivain et un penseur français d’origine algérienne. Initiateur entre autres, de Colibris, Mouvement pour la Terre et l’Humanisme, et d’Oasis en tous lieux, il s’inscrit dans une mouvance active et citoyenne pour un changement de paradigme de nos sociétés, qui puisse agir comme une force de proposition. Le film explore la pensée de ce précurseur et sa mise en œuvre, à travers des rencontres et des expériences concrètes.

« Le temps des consciences éclairées, déterminées, agissantes et tranquilles est venu ». Pierre Rabhi

 

Catégorie Permaculture

& Catégorie Pierre Rabhi

 

« S’inspirer de la nature pour trouver la lumière »

 

Apôtre de l’agroécologie, le philosophe-paysan nous offre son abécédaire idéal pour 2016. La sagesse même, éclairée par un inaltérable optimisme. Onze pensées régénérantes à partager sans modération.

 

A comme aimer

« Pour moi, l’amour est une valeur suprême qui préexiste, une énergie qui emprunte notre corps pour se révéler. J’ai écrit un livre avec le biologiste Jean-Marie Pelt (« Le monde a-t-il un sens ? », chez Fayard, NDLR) sur le fait que la vie sur Terre s’est organisée moins sur la rivalité que sur la coopération et la complémentarité. Dans la nature, rien ne s’oppose à rien. C’est l’homme qui a introduit la dualité. Et la dualité majeure de notre époque est celle qui oppose l’humain à la nature, à la vie, à sa vie. Aimer, au fond, consiste à retrouver notre alliance avec la nature. Je reste aussi très attaché à cet homme qu’on appelait Jésus-Christ, et à son message, plus nécessaire que jamais en ces temps troublés : “Aimez-vous les uns les autres.” En cette veille de fête, j’ai aussi envie de dire : “Aimez la planète en consommant moins.” Les enfants n’ont pas besoin d’une charrette de jouets ! Un soir de Noël, enfant, j’ai reçu une trottinette en bois. Soixante-dix ans plus tard, je m’en souviens ! Un seul cadeau choisi avec attention peut combler un enfant. »

 

C comme colère

« Comment ne pas ressentir de colère face au pic de violence que nous traversons et face à la dégradation sans précédent de la nature ? Mais je ne la laisse pas grandir en moi. Je lui préfère l’indignation, plus constructive. Je suis indigné par l’absurdité de notre système matérialiste qui produit 30 % à 40 % de déchets et de rebuts, et qui incarcère à vie l’homme moderne dans un rôle de producteur-consommateur. Nous sommes prisonniers d’un superflu qui nécessite du travail, de la matière, des usines et qui pollue la planète. Même les leaders économiques s’interrogent sur ce système à bout de souffle, dont le déclin se traduit par la montée du chômage, de la pauvreté et de nombreux déséquilibres. Récemment, deux cents chefs d’entreprise sont venus en séminaire aux Amanins, le centre d’agroécologie que j’ai créé en Ardèche. Ils cherchaient un autre sens à leur existence que celui de la réussite sociale et matérielle. Vivre, est-ce simplement venir au monde, aller à l’école, apprendre un métier, travailler, puis mourir ? S’indigner, c’est le début de la libération, l’amorce d’un changement de paradigme. »

 

D comme détermination

« Lorsqu’elle sert une finalité positive, la détermination est une puissante force de changement. Grâce à elle, à partir des années 1960, j’ai transformé un bout de terre aride en Ardèche en une ferme verdoyante, sans pesticides ni engrais chimiques. Aujourd’hui, je suis déterminé à rassembler après les Colibris et les Oasis en Tous Lieux, mouvements que j’ai initiés, j’organiserai en 2016 un grand forum civique national pour que les citoyens expriment leur créativité et leurs désirs. Les innovations sociales se multiplient dans l’écologie, l’éducation, l’économie circulaire, les énergies renouvelables… Je veux inventorier ces idées et agréger ces énergies dans une plateforme citoyenne qui montrera aux politiques, juste avant l’élection présidentielle de 2017, le pouvoir de changement de la société civile. »

 

E comme élégance

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Cela fait plusieurs dizaines d’années qu’il répète la même antienne. Mais ce n’est que depuis peu que Pierre Rabhi suscite enfin l’intérêt. Conférences dans la France entière, ouvrages devenant des best-sellers, interviews à la pelle… Né dans une oasis au sud de l’Algérie avant de s’installer en France, le paysan et philosophe de 77 ans inspire au-delà du cercle des initiés et attire autour de lui de nombreuses personnalités, notamment du monde de l’entreprise. Pionnier de l’agroécologie, il défend le principe d’une vie sobre et frugale, plus respectueuse de l’homme et de la terre. Rencontre.

Pierre Rabhi, paysan et philophe de 77 ans.
Guillaume Atger

Novethic. Vous étiez très critique à l’égard de la COP21, la conférence onusienne sur le climat. Elle s’est conclue par un accord entre 195 pays, qualifié d’ « historique et d’ambitieux ». Est-ce que vous êtes revenu sur votre position ?

Pierre Rabhi. Pas du tout. Je ne suis pas pour ces grand-messes où l’on traite la question de l’écologie de façon subsidiaire, en la mettant à l’agenda pendant deux semaines, alors que c’est le fondement même de la vie. Cela ne rime à rien tant que l’humanité n’aura pas compris que l’écologie est son avenir. Le danger c’est que l’on fait croire aux citoyens que l’on agit pour la planète alors qu’en réalité, nous continuons à épuiser partout ses ressources. Nous entretenons là une immense illusion. Je dis toujours que s’il y a des extra-terrestres quelque part qui nous regardent, ils doivent se dire que l’homme est tout sauf intelligent. Je trouve que la formule de l’écrivain Alain Fournier « nous ne savons pas où nous allons mais nous y allons » est des plus actuelles. Ce qu’il faut, c’est prendre les choses à bras le corps et prendre des décisions radicales.

 

Novethic. Comment justement faire bouger les lignes ?

Pierre Rabhi. Le premier maillon de l’action est déjà de prendre conscience de notre inconscience. Nous sommes installés dans ce qui est proposé comme une vérité mais qui détruit la vie. Nous avons besoin de la nature mais la nature n’a pas besoin de nous. Une fois que nous aurons compris cela, nous pourrons sortir de notre inconscience.

Croire qu’il peut y avoir un changement de la société sans qu’il y ait un changement humain est irréaliste. On ne peut pas d’un côté manger bio et de l’autre exploiter son prochain. On ne peut pas se défausser. Si je veux que le monde change, je dois changer pour être dans la cohérence. Le système éducatif par exemple doit inciter les enfants à la coopération. La subordination des femmes, qui est une anomalie terrible, doit cesser. Tant que tout cela ne sera pas mis en place, je ne vois pas comment il peut y avoir un réel changement.

« L’être humain peut parfaitement se nourrir sans dégrader la nature »

 

Novethic. Pour changer de paradigme, vous prônez notamment l’agroécologie, que vous pratiquez depuis plus de 40 ans dans votre ferme. Le concept est de plus en plus usité et est même à l’origine de la loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt, adoptée en 2014. Est-ce une bonne chose ?

Pierre Rabhi. Je crois qu’il y a beaucoup trop de théories dans ce monde et pas assez d’actions. La question de la famine dans le monde n’est pas réglée avec un enfant qui meurt de faim toutes les sept secondes. Quand j’étais ouvrier agricole, j’ai vécu de près l’impact des pesticides sur la santé et sur l’environnement. J’ai vu des collègues mourir, intoxiqués. C’est pourquoi je défends le modèle de l’agriculture écologique.

L’être humain peut parfaitement se nourrir sans dégrader la nature et même en l’améliorant, c’est ce que je fais dans ma ferme. Mais l’agriculture écologique ce n’est pas seulement une technique, c’est une philosophie, une déontologie. Elle s’accompagne forcément d’un changement humain.

Nous ne pouvons pas rester dans le processus « me nourrir en détruisant ». Nous ne sommes pas sur cette terre pour servir un système injuste et inégalitaire. Un système où une minorité insatiable ruine et affame le reste. Dissiper les ressources, polluer les océans, détruire les forêts, tout cela rentre dans l’idée de croissance économique. On ne regarde que le résultat comptable sans prendre en compte les conséquences de cette économie. Nous sommes à côté de la plaque, dans l’obscurité la plus totale.

 

Novethic. Vous dites que le déclic pourrait venir d’une crise alimentaire…

Pierre Rabhi. Une crise alimentaire pourrait en effet permettre de remettre les pendules à l’heure et de se rendre compte de ce qui est vraiment essentiel. Nous croyons être dans la certitude. Mais l’organisation même de la production de nourriture, la monoculture extensive, la standardisation font que le moindre grain de sable dans la machine  – sécheresses, virus, pluies extrêmes…- peut créer une pénurie de très grande ampleur, qui affectera en priorité les villes.

J’assiste avec beaucoup de tristesse à l’extinction du monde paysan. Près de chez moi, il n’y a plus aucune ferme, les agriculteurs ont disparu d’années en années, laissant leur place à des industriels de la terre. Ce n’est pas pour rien qu’ils sont devenus la catégorie professionnelle qui se suicide le plus. Ils nourrissent les banques, les marchands d’engrais, les supermarchés tandis qu’eux n’ont cessé de s’appauvrir.

Je pense qu’il faut revenir à des petites ou moyennes structures, de la polyculture, de l’élevage, tout cela à taille humaine. Ce serait plus rassurant, notamment dans le contexte de changement climatique que nous connaissons et avec les conséquences qu’il va avoir sur la production agricole.

« La société vit dans une immense détresse »

 

Novethic. Aujourd’hui, nous assistons à un foisonnement d’initiatives locales, de solutions citoyennes. Est-ce que nous sommes en train d’opérer ce changement ?

Pierre Rabhi. Le fait que le modèle de société soit en faillite crée une insécurité. Et c’est cette insécurité qui amène à se demander s’il n’y a pas d’autres voies, d’autres chemins. Nous sommes effectivement en phase de transition, mais on ne sait pas bien vers quoi. Soit l’humanité s’élève et donne une bonne orientation à son histoire, soit elle reste prisonnière dans cette mentalité archaïque et ça ira alors de plus en plus mal. En résumé, s’il y a des initiatives qui essaient de construire un nouveau modèle, il perdure un système qui lui ne cesse de détruire. Donc je suis un peu dans ce dilemme : ni pessimiste, ni optimiste.

Ce qui est sûr c’est que la société vit dans une immense détresse – il n’y a qu’à voir la consommation exponentielle d’anxiolytiques – et en tant qu’humaniste, je refuse cette situation. Quelque chose me pousse à ne jamais baisser les bras, à ne jamais renoncer. C’est la raison pour laquelle nous avons lancé le mouvement des Colibris (1) et nous appelons chacun à ne pas se lamenter mais à faire sa part, tout comme le petit oiseau qui tente d’éteindre l’immense incendie. Mon vœu le plus profond est que l’humain soit heureux, qu’il soit dans la légèreté, dans cette sensation supérieure à toutes les autres qui est la joie, le bonheur d’exister. Tout le monde court après ça. Mais on court très mal.

« Nous voulons sortir de la marginalité »

 

Novethic. Pour parvenir à ce bonheur, vous défendez aussi l’idée d’une sobriété heureuse. Est-ce que vous l’avez atteinte en vous installant définitivement en Ardèche comme paysan ?

Pierre Rabhi. Avoir ma ferme en Ardèche était pour moi une évidence et une protestation. Lorsque l’on m’a proposé de troquer toute mon existence contre un salaire, j’ai dit non parce que je considérais que ma vie valait plus qu’un salaire. Je n’avais pas envie d’avoir cette laisse. Par le retour à la terre, j’ai trouvé un moyen d’être en cohérence avec moi-même mais aussi de protester pacifiquement et de montrer qu’autre chose était possible, de matérialiser l’alternative. C’est pourquoi je dis toujours que je suis un homme d’action, et que mes mots ne sont pas que de belles paroles.

L’idéologie dominante prône que c’est avec la modernité que l’être humain va être libéré. Mais au lieu de ça, il est incarcéré à vie dans ce système. De la maternelle à l’université, il est enfermé, les jeunes appelant ça le bahut. Puis, ils vont travailler dans des boîtes, auxquelles ils se rendent en caisse. Et le week-end, ils vont encore s’amuser en boîte. Il y a même la boîte où on met les vieux quand on les a bien usés avant qu’ils rejoignent une autre boîte, définitive celle-là.

 

Novethic. Outre le mouvement des Colibris que vous avez initié, vous avez fondé le mouvement Terre et Humanisme pour la transmission de l’éthique et de la pratique agroécologique en France mais aussi au Niger, au Mali ou au Maroc. Quelles sont vos ambitions ?

Pierre Rabhi. Notre objectif, avec les différentes initiatives que nous mettons en place en France mais aussi en Afrique, ce n’est pas d’être seulement ceux qui rafistolent le système. Nous voulons sortir de la marginalité pour entrer au cœur de la problématique sociale. Une problématique qui est éminemment politique. Nous voulons démontrer qu’il n’est pas possible de garder un modèle comme celui que nous connaissons puisqu’il ne satisfait pas, qu’il dégrade la nature et crée des inégalités et de la misère.

(1) Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s’active, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d’un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Tu crois que c’est avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ? » « Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part ».

 

Ses derniers ouvrages

L’agroécologie, une éthique de vie, Entretien avec Jacques Caplat, éd. Actes Sud, Arles, 2015, 64 pages.

La puissance de la modération, éd. Hozhoni, 2015, 128 pages.

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pierre rabhi cop21

Ce monsieur Rabhi, sage paysan aux 77 printemps, n’a de cesse d’œuvrer pour responsabiliser l’humanité qui exploite la planète sans vergogne. Ses paroles sensées et pesées retiennent l’attention d’un nombre croissant de convaincus par des dangers encourus par l’humanité, si la course à la croissance infinie perdure. Il s’exprime sur la COP21 et annonce un forum citoyen comme « un inventaire dynamique des alternatives » pour montrer aux politiques ce que font les citoyens.

Pierre Rabhi, promeut l’agroécologie et notamment la pluriculture, le compostage ainsi que la recherche de complémentarité entre espèces. Il cherche à intégrer l’ensemble des paramètres de gestion écologique de l’espace cultivé tels qu’une meilleure utilisation de l’eau, la lutte contre l’érosion, la réintroduction des haies, le reboisement et la biodiversité.

Il a reçu chez lui, dans le petit village ardéchois qu’il habite, un journaliste du monde.fr pour lui faire part de ses désillusions sur cette COP21 qui se tiendra au Bourget, en Seine-Saint-Denis, du 30 novembre au 11 décembre.

Frédéric Cazenave : Dans un mois, les dirigeants de 195 pays se penchent sur le futur de la planète. Qu’attendez-vous de la Conférence de Paris sur le climat ?

Pierre Rabhi : Il ne sortira rien de cette énième grand-messe. J’ai du mal à croire que les changements structurels nécessaires y soient actés. Il faut entrer dans une nouvelle ère, celle de la modération : modération de la consommation et de la production. Les États vont-ils décider d’arrêter la pêche industrielle et l’agriculture intensive, et ainsi cesser de piller les océans ou la terre ? Vont-ils réfléchir à un juste partage des ressources entre Nord et Sud ? Je n’y crois pas. Or il y a urgence, car ce n’est pas la planète qui est en danger mais l’humanité. La Terre, elle, en a vu d’autres. Ce que je reproche à la COP21, c’est de faire croire que ces discussions permettent de résoudre les problèmes, alors qu’on ne s’attaque pas aux sources des déséquilibres. C’est le même travers que celui de l’humanitaire, qui consiste à être généreux envers des personnes que le modèle a rendus indigents.

pierre rabhi cop21

Pourtant, mi-octobre, l’organe de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture et le ministre français de l’agriculture ont déclaré que la sécurité alimentaire devait jouer un « rôle central » dans les discussions de la COP21…

La problématique de l’alimentation est majeure et n’est pas, en effet, traitée comme il se doit. Au Nord, l’alimentation est de plus en plus frelatée, la façon de la produire est destructrice de sols et d’environnement ; au Sud, les peuples souffrent de pénurie chronique. Il faut donc une remise en question complète de notre modèle. Vont-ils l’aborder sous ce prisme ?

L’agroécologie est davantage présente dans les discours et même incluse dans la loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt, adoptée en France. Mais au lieu de vous réjouir, vous craignez, dans votre dernier livre, qu’elle soit récupérée, dévoyée…

Cela fait des années que nous travaillons avec Terre et Humanisme [association créée par Pierre Rabhi il y a vingt et un ans] pour diffuser l’agroécologie, dont on parle maintenant comme étant la meilleure façon de produire. En 1981, lors de notre expérience au Burkina Faso, nous montrions déjà que cette approche était la solution pour des paysans qui avaient appauvri leur sol en utilisant des engrais chimiques et opté pour la monoculture pour se plier aux lois de la mondialisation. Grâce à l’agroécologie, ils ont pu retrouver leur autonomie alimentaire. Alors évidemment, je me réjouis de cette reconnaissance. Mais, dans le même temps, quand je vois des multinationales, des groupes agroalimentaires se référer à l’agroécologie, oui je m’interroge. L’agroécologie, ne se résume pas à des techniques, mais répond à une éthique de vie qui consiste à préserver la terre en tant que patrimoine. Un parallèle peut être fait avec l’engouement actuel pour le bio.

pierre rabhi cop21

C’est-à-dire ?

Le bio, c’est très bien, mais on peut manger bio et… exploiter son prochain, ce n’est malheureusement pas incompatible. Ce que je veux dire, c’est que tous les beaux mots, bio, COP21… tout cela ne sert à rien si nous ne travaillons pas à une alternative, si l’humain n’entreprend pas un travail d’introspection, car le problème est en nous. Il faut évoluer, quitter le culte d’une croissance indéfinie, du toujours plus, de cette accumulation de biens, qui ferait prétendument notre bonheur. La consommation d’anxiolytiques et les inégalités sans cesse croissantes démontrent le contraire. Il faut s’engager dans la puissance de la modération, de la sobriété.

N’est-ce pas illusoire de penser que l’agriculture conventionnelle puisse effectuer un virage à 180 degrés et changer de modèle ?

Il ne faut pas partir vaincu, même si ce sera évidemment très difficile. Le monde de l’agriculture porte un contentieux séculaire. Le paysan a de tout temps été le « pauvre type ». La civilisation moderne l’a affublé de tous les qualificatifs négatifs. Puis un beau jour on lui a dit : « Paysan, tu vas devenir moderne, tu vas avoir des machines, tu ne seras plus un plouc mais un exploitant agricole. » On leur a fait miroiter un changement de statut et ils se sont fait piéger. Aujourd’hui, ils alimentent tout le monde – les banques avec leurs emprunts, les industriels avec l’achat du matériel et des produits chimiques – tout en s’appauvrissant eux-mêmes. Plutôt que de dire je suis paysan et j’en suis fier, au lieu de donner toute sa beauté à l’agriculture, la modernité les a humiliés, en a fait des martyrs. Il faudra une profonde et difficile remise en question du monde paysan pour parvenir à faire machine arrière.

D’un autre côté, il existe aussi une montée de l’engagement citoyen, un foisonnement de projets, agricoles ou non, qui se développent dans les territoires. C’est plutôt porteur d’espoir…

La société civile est en train de se forger un nouvel imaginaire face à un système à bout de souffle, dont le déclin se traduit par la montée du chômage, de la pauvreté et de nombreux déséquilibres. Comme ce système n’est plus rassurant, les citoyens cherchent des alternatives. Les innovations sociales qui se multiplient sur les territoires, dans l’écologie, les énergies renouvelables, l’éducation… sont autant d’expérimentations qui vont assurer le futur. Si nous avions des politiques intelligents, ils appuieraient ces initiatives qui émanent de la société civile. Au lieu de cela, ils s’acharnent à faire tenir coûte que coûte un modèle moribond, car ils n’arrivent pas à se détacher de leur précepte fondamental qui est la croissance économique à tout prix.

Encore faut-il mettre en musique ces expérimentations pour leur donner de l’ampleur…

C’est pourquoi, à notre échelle, nous envisageons de lancer une plate-forme citoyenne, un forum civique qui révélera tout ce qu’entreprend la société civile. Un inventaire dynamique des alternatives, en quelque sorte, qui permettra, quelques mois avant les échéances de 2017, de montrer aux politiques ce que font les citoyens.

Article original : paru sur lemonde.fr

Partagez cette invitation de Pierre Rabhi pour « un forum citoyen » pour la planète

Source : http://www.mieux-vivre-autrement.com/pierre-rabhi-cop21.html

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Pierre Rabhi face à Jean-Jacques Bourdin en… par yannaki

 

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Les 8 propositions de Pierre Rabhi pour vivre en prenant soin de la vie

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« La planète Terre est à ce jour la seule oasis de vie que nous connaissons au sein d’un immense désert sidéral. En prendre soin, respecter son intégrité physique et biologique, tirer parti de ses ressources avec modération, y instaurer la paix et la solidarité entre les humains, dans le respect de toute forme de vie, est le projet le plus réaliste, le plus magnifique qui soit. »

Les propositions qui suivent sont extraites de la Charte Internationale pour la Terre et l’Humanisme, écrite par Pierre Rabhi pour le mouvement Colibris, issue de son livre Vers la Sobriété Heureuse, paru en 2010 aux éditions Actes-Sud.

Plus que de simples idées, ces propositions réinventent un modèle de société pour proposer une alternative au monde d’aujourd’hui. Pour que le temps arrête de n’être que de l’argent, pour que le silence redevienne merveilleux, pour que la logique du profit sans limites cède face à celle du vivant, pour que les battements de nos coeurs ne sonnent pas comme des moteurs à explosion, et enfin pour vivre et prendre soin de la vie.

 

#1 : L’agroécologie, pour une agriculture biologique et éthique

De toutes les activités humaines, l’agriculture est la plus indispensable, car aucun être humain ne peut se passer de nourriture. L’agroécologie que nous préconisons comme éthique de vie et technique agricole permet aux populations de regagner leur autonomie, leur sécurité et leur salubrité alimentaires, tout en régénérant et préservant leurs patrimoines nourriciers.

 

#2 : Relocaliser l’économie pour lui redonner un sens

Produire et consommer localement s’impose comme une nécessité absolue pour la sécurité des populations à l’égard de leurs besoins élémentaires et légitimes. Sans se fermer aux échanges complémentaires, les territoires deviendraient alors des berceaux autonomes valorisant et soignant leurs ressources locales. Agriculture à taille humaine, artisanat, petits commerces, etc., devraient être réhabilités afin que le maximum de citoyens puissent redevenir acteurs de l’économie.

 

#3 : Le féminin au cœur du changement

La subordination du féminin à un monde masculin outrancier et violent demeure l’un des grands handicaps à l’évolution positive du genre humain. Les femmes sont plus enclines à protéger la vie qu’à la détruire. Il nous faut rendre hommage aux femmes, gardiennes de la vie, et écouter le féminin qui existe en chacun d’entre nous.

 

#4 : La sobriété heureuse contre le “toujours plus”

Face au « toujours plus » indéfini qui ruine la planète au profit d’une minorité, la sobriété est un choix conscient inspiré par la raison. Elle est un art et une éthique de vie, source de satisfaction et de bien-être profond. Elle représente un positionnement politique et un acte de résistance en faveur de la terre, du partage et de l’équité.

 

#5 : Une autre éducation pour apprendre en s’émerveillant

Nous souhaitons de toute notre raison et de tout notre cœur une éducation qui ne se fonde pas sur l’angoisse de l’échec mais sur l’enthousiasme d’apprendre. Qui abolisse le « chacun pour soi » pour exalter la puissance de la solidarité et de la complémentarité. Qui mette les talents de chacun au service de tous. Une éducation qui équilibre l’ouverture de l’esprit aux connaissances abstraites avec l’intelligence des mains et la créativité concrète. Qui relie l’enfant à la nature, à laquelle il doit et devra toujours sa survie, et qui l’éveille à la beauté, et à sa responsabilité à l’égard de la vie. Car tout cela est essentiel à l’élévation de sa conscience.

 

#6 : Incarner l’utopie

L’utopie n’est pas la chimère mais le « non-lieu » de tous les possibles. Face aux limites et aux impasses de notre modèle d’existence, elle est une pulsion de vie, capable de rendre possible ce que nous considérons comme impossible. C’est dans les utopies d’aujourd’hui que sont les solutions de demain. La première utopie est à incarner en nous-mêmes, car la mutation sociale ne se fera pas sans le changement des humains.

 

#7 : La terre et l’humanisme

Nous reconnaissons en la terre, bien commun de l’humanité, l’unique garante de notre vie et de notre survie. Nous nous engageons en conscience, sous l’inspiration d’un humanisme actif, à contribuer au respect de toute forme de vie et au bien-être et à l’accomplissement de tous les êtres humains. Enfin, nous considérons la beauté, la sobriété, l’équité, la gratitude, la compassion, la solidarité comme des valeurs indispensables à la construction d’un monde viable et vivable pour tous.

 

#8 : La logique du vivant comme base de raisonnement

Nous considérons que le modèle dominant actuel n’est pas aménageable et qu’un changement de paradigme est indispensable. Il est urgent de placer l’humain et la nature au cœur de nos préoccupations et de mettre tous nos moyens et compétences à leur service.

 

Source: Bioalaune.com

Source : Les moutons enragés

Catégorie : Pierre RABHI

« La planète Terre est à ce jour la seule oasis de vie que nous Rabhi1connaissons au sein d’un immense désert sidéral. En prendre soin, respecter son intégrité physique et biologique, tirer parti de ses ressources avec modération, y instaurer la paix et la solidarité entre les humains, dans le respect de toute forme de vie, est le projet le plus réaliste, le plus magnifique qui soit. »

Les propositions qui suivent sont extraites de la Charte Internationale pour la Terre et l’Humanisme, écrite par Pierre Rabhi pour le mouvement Colibris, issue de son livre Vers la Sobriété Heureuse, paru en 2010 aux éditions Actes-Sud.

Plus que de simples idées, ces propositions réinventent un modèle de société pour proposer une alternative au monde d’aujourd’hui. Pour que le temps arrête de n’être que de l’argent, pour que le silence redevienne merveilleux, pour que la logique du profit sans limites cède face à celle du vivant, pour que les battements de nos coeurs ne sonnent pas comme des moteurs à explosion, et enfin pour vivre et prendre soin de la vie.

#1 : L’agroécologie, pour une agriculture biologique et éthique

De toutes les activités humaines, l’agriculture est la plus indispensable, car aucun être humain ne peut se passer de nourriture. L’agroécologie que nous préconisons comme éthique de vie et technique agricole permet aux populations de regagner leur autonomie, leur sécurité et leur salubrité alimentaires, tout en régénérant et préservant leurs patrimoines nourriciers.

#2 : Relocaliser l’économie pour lui redonner un sens

Produire et consommer localement s’impose comme une nécessité absolue pour la sécurité des populations à l’égard de leurs besoins élémentaires et légitimes. Sans se fermer aux échanges complémentaires, les territoires deviendraient alors des berceaux autonomes valorisant et soignant leurs ressources locales. Agriculture à taille humaine, artisanat, petits commerces, etc., devraient être réhabilités afin que le maximum de citoyens puissent redevenir acteurs de l’économie.

#3 : Le féminin au cœur du changement

La subordination du féminin à un monde masculin outrancier et violent demeure l’un des grands handicaps à l’évolution positive du genre humain. Les femmes sont plus enclines à protéger la vie qu’à la détruire. Il nous faut rendre hommage aux femmes, gardiennes de la vie, et écouter le féminin qui existe en chacun d’entre nous.

#4 : La sobriété heureuse contre le “toujours plus”

Face au « toujours plus » indéfini qui ruine la planète au profit d’une minorité, la sobriété est un choix conscient inspiré par la raison. Elle est un art et une éthique de vie, source de satisfaction et de bien-être profond. Elle représente un positionnement politique et un acte de résistance en faveur de la terre, du partage et de l’équité.

#5 : Une autre éducation pour apprendre en s’émerveillant

Nous souhaitons de toute notre raison et de tout notre cœur une éducation qui ne se fonde pas sur l’angoisse de l’échec mais sur l’enthousiasme d’apprendre. Qui abolisse le « chacun pour soi » pour exalter la puissance de la solidarité et de la complémentarité. Qui mette les talents de chacun au service de tous. Une éducation qui équilibre l’ouverture de l’esprit aux connaissances abstraites avec l’intelligence des mains et la créativité concrète. Qui relie l’enfant à la nature, à laquelle il doit et devra toujours sa survie, et qui l’éveille à la beauté, et à sa responsabilité à l’égard de la vie. Car tout cela est essentiel à l’élévation de sa conscience.

#6 : Incarner l’utopie

L’utopie n’est pas la chimère mais le « non-lieu » de tous les possibles. Face aux limites et aux impasses de notre modèle d’existence, elle est une pulsion de vie, capable de rendre possible ce que nous considérons comme impossible. C’est dans les utopies d’aujourd’hui que sont les solutions de demain. La première utopie est à incarner en nous-mêmes, car la mutation sociale ne se fera pas sans le changement des humains.

#7 : La terre et l’humanisme

Nous reconnaissons en la terre, bien commun de l’humanité, l’unique garante de notre vie et de notre survie. Nous nous engageons en conscience, sous l’inspiration d’un humanisme actif, à contribuer au respect de toute forme de vie et au bien-être et à l’accomplissement de tous les êtres humains. Enfin, nous considérons la beauté, la sobriété, l’équité, la gratitude, la compassion, la solidarité comme des valeurs indispensables à la construction d’un monde viable et vivable pour tous.

#8 : La logique du vivant comme base de raisonnement

Nous considérons que le modèle dominant actuel n’est pas aménageable et qu’un changement de paradigme est indispensable. Il est urgent de placer l’humain et la nature au cœur de nos préoccupations et de mettre tous nos moyens et compétences à leur service.

Source: Bioalaune.com

Catégorie Pierre Rabhi

Son nouveau livre : « Semeur d’espoirs »

 

Pierre RABHI RACONTE SON PARCOURS

dans cette vidéo de 19 minutes …..

Pierre Rabhi – Y a-t-il une vie avant la mort ?

          

Pierre Rabhi, pour un nouveau monde en marche

Agir ensemble vers un nouveau monde …

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