Permaculture : Jacky Dupety sur le BRF (Bois Rameal Fragmenté)

La technique d’ »aggradation des sols », mise au point au Quebec dans les années 70 par Edgar Guay et approfondie par l’équipe du Pr Gilles Lemieux 10 ans plus tard est directement issue de l’observation du cycle de formation de l’humus dans les forêts.

 

L’aggradation est un processus naturel, accentué par l’homme, qui permet, au moyen de certaines matières organiques, de régénérer le potentiel de production des terres. On découvre aujourd’hui que les branches du jardin qui partent habituellement en fumée ou à la poubelle peuvent nourrir les plantes et potagers ! C’est le principe du bois raméal fragmenté (BRF), un nom barbare qui part pourtant d’une idée simple : broyer tout ce qui tombe de l’arbre (bois vert, feuilles, brindilles) pour épandre et fertiliser les sols.

Recréer un humus forestier

En fait, tout se passe comme si on reproduisait, en les accélérant, les processus en œuvre dans la formation de l’humus forestier. Les bois raméaux, extrémités des branches des arbres de diamètre inférieur à 8 cm, concentrent 80 % de tous les nutriments des arbres. La plupart de ces nutriments sont assez facilement dégradables. L’un d’eux, la lignine – matériau carboné qui assure la rigidité et la durabilité du bois – l’est beaucoup moins. Mais dans les petits rameaux, elle n’a pas encore acquis la stabilité qu’elle acquiert dans les plus grosses branches. Au contact du sol, après broyage des rameaux, cette lignine est rapidement attaquée par une famille de champignons, les basidiomycètes du sol, également appelés « pourriture blanche ». Cette déconstruction de la lignine stimule considérablement la vie du sol en provoquant toute une série de transformations et elle produit de grandes quantités d’humus. L’utilisation directe des BRF permet de faire l’économie du processus du compostage, avec une efficacité supérieure puisqu’il n’y a ni montée en température, ni perte d’éléments.

 

Produire des BRF

Au jardin, la première difficulté consiste à produire ou à se procurer une quantité importante de BRF. La plupart des broyeurs à végétaux de jardin ne peuvent accepter des branches de diamètre supérieur à 4 cm. Et les apports recommandés par les initiateurs de cette technique sont très importants : 3 cm d’épaisseur sur toute la surface cultivée. A moins de posséder un grand jardin boisé ou de très longues haies, l’autoproduction avec un broyeur de jardin ne permettra pas d’apports aussi importants sur toutes les parties cultivées, d’autant qu’il faut exclure les branches de résineux. Plusieurs solutions :

– apports limités à quelques cultures (arbres et arbustes fruitiers, tomates, aubergines, rosiers…)
  selon les quantités produites sur place,
– apports alternés un an sur deux ou trois,
– apports moins importants (1 ou 2 cm) chaque année,
– ou encore achat de broyat de feuillus auprès d’un élagueur ou du service espaces verts de sa commune
  (pas facile car ils sont de plus en plus valorisés).

 

Comment les utiliser ?

Il est préférable d’épandre les BRF peu après le broyage, à l’automne ou au début du printemps et de les incorporer rapidement à la couche superficielle du sol (5 premiers cm). En effet, le développement des champignons basidiomycètes peut provoquer des problèmes de « faim ’azote » (jaunissement, croissance ralentie) sur des végétaux plantés ou semés juste après l’incorporation des BRF : dans une première phase qui dure au moins un mois, les champignons prélèvent de l’azote dans le sol.

– Evitez également d’utiliser des fongicides, y compris à base de cuivre, qui s’accumulent dans les sols et         inhibent le développement des champignons.
– Vérifiez la présence des champignons de pourriture blanche une semaine ou deux après l’incorporation.
  Un mois (minimum) après, plantez ou semez.

On peut également utiliser les BRF en mulch (couverture du sol) sans incorporation, notamment au pied des arbres et arbustes fruitiers, des rosiers et autres vivaces. Les effets fertilisants seront moins importants, le développement des champignons et la dégradation de la lignine se faisant de manière beaucoup plus progressive ; mais ce mulch assurera une excellente protection contre la sécheresse et réduira le développement des mauvaises herbes.

Sources de l’article
Eco -innovation/ CULTIVER SANS EAU : Le Bois Raméal Fragmenté (BRF).
http://spaceart.canalblog.com/archives/2010/05/11/12299328.html
Mieux que le compost, le bois raméal fragmenté ?
http://www.terrevivante.org/247-mieux-que-le-compost-le-bois-rameal-fragmente-.htm

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LES COMMENTAIRES
  • Erica dans ACCUEILUn immense merci pour votre retour, Delphine !
  • Kochert dans L’ASSOCIATIONBonjours J ai été très sensibilisée lorsque je suis tombée par hasard sur un tableau de votre petite Iris ,je
  • CHRETIEN dans ACCUEILComment vous remercier pour cette idée magnifique ?! Car c'est grâce à des Êtres tels que vous, éveilleurs de conscience,
  • Laurence dans Michelle Brémaud – GuérisseuseBonsoir, l'adresse fb ne figure pas sur le site,est il possible de joindre tout de même Michelle Brémaud? Merci
  • gisele dans AUDE – LA FORET ENCHANTÉE DE NÉBIAS (m.à.j)tres joli site belle balade en famille mais revoir le balisage car on tourne en rond un momment
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